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Comprendre l'Epuisement Professionnel

  • francoisvanderschu8
  • 26 juin 2024
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 juil. 2024


C'est un des maux qui touche le plus les travailleurs : il s'immisce dans tous les domaines et tous les secteurs, parfois sans crier gare. Il touche tout le monde, peut créer des ravages collectivement, comme individuellement et il peut renverser l'équilibre social et financier d'une entreprise. Pourtant, c'est encore un tabou dans le monde du travail.

Il s'agit bien de l'épuisement professionnel dont nous parlons. Nous avons tous conscience de son existence, mais lui accordons encore trop peu de crédits.


un homme en surcharge cognitive et dépassé par le travail

On le minimise par narcissisme, on ne s'autorise pas à tomber en mal-être, on se convainc que nous ne sommes pas sujet à ce genre de souffrance; qu'on est plus fort que ça. C'est un mal qui touche seulement les autres. On le connaît sous l'appellation de Burn-out, on en rigole souvent comme pour se rassurer que ça ne peut pas nous atteindre. Et puis, un jour, on prend conscience que notre résilience ne tient plus, que cette force psychique qui nous permettait de refouler nos maux -si aisément- et de continuer à avancer en toute "sérénité", cette résilience là, n'est plus efficace. On use pourtant des mêmes mécanismes de défense qui ne fonctionnent plus, on prend conscience que notre comportement change peu à peu, que notre relation aux autres se détériore et que le mal-être grandit.

C'est l'incompréhension ! Certes, on sait que tout ne peut pas être parfait mais qu'il faut avancer coûte que coûte, parfois même, rien ne va plus, mais on continue à avancer sans trop se poser de questions. A quoi bon, on n'a pas non plus l'énergie suffisante pour y réfléchir réellement. Et finalement, on se retrouve comme l'ombre de soi même, à vivre au jour le jour, en déconnexion avec son corps et son esprit et un beau jour, cette dissonance est si forte, qu'on craque..


Comme un rappel nécessaire de la vie qui nous informe que nous ne sommes pas sur un chemin de développement très vertueux. Cette souffrance, indélébile au demeurant, est un pied de nez du destin pour se reprendre en main.


Mais pour trouver la force et la puissance vitale de nous reprendre en main, il est avant tout nécessaire de comprendre quel mal nous touche. Mettre des mots justes sur des maux, à ceci de juste qu'il désamorce l'élan d'incompréhension et ouvre un canal de réflexion pour notre introspection, autorisant notre guérison. C'est, également, offrir un cadre à nos émotions et ressentis, comme un garde fou qui permet de reconnaître pourquoi ce sentiment survient, et s'il est légitime voir cohérent avec la situation vécue.


Plus globalement, dans l'épuisement professionnel -comme tout au long de notre vie- la volonté de compréhension de soi-même encourage le discernement. C'est une forme d'auto-guérison qui empêche tout sentiment de rancœur de se propager en nous, avec ce risque immense de nous polluer. Par syllogisme, ce recul nécessaire permet de nous immuniser autant que faire se peut des stratégies de jugements qui créent un terreau fertile à l'amertume.


L'Epuisement professionnel est le résultat d'un stress chronique, lui-même dû à un désajustement entre un organisme (type personne, équipe) et un environnement (entreprise, institution, association, etc.).

Il est également important de comprendre que ce syndrome d'épuisement est multi-factoriel. C'est-à-dire qu'il est le produit de plusieurs facteurs dont voici les principaux : un contexte socio-économique, des facteurs individuels, et un fonctionnement d'entreprise.

Par conséquent, l'individu en Burn-out, bien souvent, ne doit pas être le seul responsable mis en cause car les fautes ne lui incombent pas entièrement. Ce constat devrait déjà aider à prendre du recul : sans céder à la facilité de rejeter la faute sur un environnement extérieur, il doit encourager à la prise de recul sur une exhaustivité des raisons qui ont amené à cette souffrance.


Globalement, quatre grandes dimensions sont présentes et entretiennent cet état d'épuisement professionnel. Ces dimensions sont, elles-mêmes, le reflet et la conséquence des stratégies individuelles d'adaptation que nous avons adoptées ou créées. - Nous reviendrons un peu plus loins sur les principales stratégies d'adaptations présentes au travail qui nourrissent l'enfermement de cet état d'épuisement. -

J'invite chaque lecteur à réfléchir à ces dimensions au regard de sa propre situation pour constater ou non d'un épuisement.


Dimension 1 : La Baisse d'énergie.

Il s'agit là d'une fatigue psychique et/ou physique qui est omniprésente et qui ne s'amende pas avec le repos. Par exemple, vous revenez de vacances et vous êtes toujours aussi fatigués en reprenant le travail.

C'est un premier signe qu'il y a quelque chose de plus important derrière cette fatigue.


Dimension 2 : L'Usure émotionnelle.

Cette usure correspond à un déséquilibre face aux émotions des autres ou à ses propres émotions. Il y a généralement deux types d'usures antagonistes : la sécheresse émotionnelle et le débordement émotionnel. Le premier correspond à la diminution voir l'incapacité à ressentir et à exprimer des émotions, aboutissant à une sécheresse émotionnelle. Il tient d'une manière de se protéger face au stress chronique et, par là, de se mettre à distance par détachement émotionnel. C'est un mécanisme de défense classique qui conduit à une réduction de la réactivité émotionnelle, rendant les individus moins capables de ressentir des émotions positives ou négatives avec la même intensité qu'auparavant.

Le second phénomène s'exprime par la sur-réaction abusive face aux situations vécues qui, en temps normal, ne déclencheraient pas de réactions émotionnelles disproportionnées.

Le surmenage, en plus de l'adoption inconsciente de cette stratégie d'adaptation émotionnelle, peut également contribuer à renforcer ce phénomène : Le cerveau étant en surcharge cognitive, il devient difficile de traiter les émotions de manière adéquate.


Dimension 3 : La Rupture de lien.

On touche ici à la déshumanisation. S'appuyant sur la désensibilisation de la dimension précédente, il s'agit de renforcer ce mécanisme par une mise à distance de soi par rapport autres. Cela ne passe pas nécessairement par une distance physique mais par la création de mécanismes inadaptés à une dynamique de travail saine et propice à l'isolement. Il est courant de reconnaître des comportements de cynisme, d'agressivité, d'évitement, de clivage, de fuite des discussions par peur du conflit, etc.


Cette isolement volontaire comme croyance protectrice du mal qui nous entoure participe au voile de souffrance qui s'installe de plus en plus, laissant place au ressentiment d'autrui, à la paranoïa et in fine au manque de discernement. Il y a dans le ressentiment, du moins, dans son approfondissement, un déni de responsabilité du monde et donc de soi comme victime. L'individu souffrant d'épuisement professionnel peut aller jusqu'à se créer un faux-self, cette forme de personnalité fausse que le sujet s'invente pour se défendre contre ce qu'il considère comme menaçant pour son identité.


Dimension 4 : la Mésestime de soi.

C'est un sentiment qui découle d'une baisse de la performance et qui entraîne généralement un sentiment de culpabilité. La baisse d'estime de soi est un phénomène courant qui peut être la cause comme la conséquence du burn-out.

Le stress chronique peut renforcer l'adoption de croyances négatives et de pensées intrusives de type "je n'y arriverai pas", "je ne mérite pas ma place", "je ne peux pas réussir".

Les différents symptômes de l'épuisement comme les oublis, la désorganisation, le blocage sur des tâches simples, peuvent occasionner une baisse de productivité, des erreurs accrues et une incapacité à atteindre des objectifs. Ces échecs répétés renforcent le sentiment de "nullité". Ce sentiment est renforcé par la place importante qu'accorde la société au travail comme étant le socle de notre identité. Par conséquent, les individus associent souvent leur valeur personnelle à leur réussite et à leurs performances, ce qui, en outre, renforce ou dévalue l'estime de soi.


La constatation de la présence de l'une de ses dimensions -ou de son ensemble- doit être l'alarme suffisante pour revoir ses stratégies d'adaptation au travail afin d'endiguer le processus d'épuisement.

Loin d'être facile à réaliser par manque d'objectivité, il est bon de s'appuyer sur nos soutiens extérieurs ou de faire appel à un professionnel spécialisé. Il tient de l'honnêteté intellectuelle envers soi-même de ne pas croire qu'on a toutes les armes pour arranger la situation seule. L'isolement serait la dernière des solutions envisageables. L'épuisement émotionnel encourage la tendance à s'isoler socialement, soit par manque d'énergie, soit par le sentiment d'incapacité à se connecter aux autres. C'est un désintérêt qui peut se généraliser par un désinvestissement progressif dans les relations personnelles et intimes :

les individus en souffrance n'ont plus l'énergie nécessaire pour s'investir dans leurs relations ou pour s'engager émotionnellement et physiquement sur des activités quotidiennes.

Il est vital dans le cas présent -comme dans tout autre- de garder un équilibre vie professionnelle et vie personnelle au travers de relations sociales riches; d'activités sportives ou activités extérieures; de moments pour soi afin de se ressourcer; etc. Et ce, afin de s'autoriser un sas de récupération et de nourrir sa psyché d'expériences positives contrebalançant les difficultés liées au travail. Ce contraste permet aussi de garder un relief de discernement pour ne pas tomber voir sombrer dans la détresse psychologique. Parfois, c'est aussi une occasion de s'essayer à de nouvelles activités inédites pour produire de nouvelles sensations positives.


l'apaisement ressenti d'un équilibre vie perso et pro

Le stress chronique au travail encourage l'adoption de comportements adaptatifs qui ont pour but de faire baisser la tension ou de défendre son moi individuel. Ces méthodes diverses et variées sont appelées stratégies d'adaptations. Elles peuvent être positives ou négatives car inefficaces ou dysfonctionnels. La volonté de défendre son identité profonde de ne pas être blessé, est tellement présente qu'une force narcissique et quasi névrotique, nous pousse souvent à adopter des stratégies que l'on croit efficaces sur le court-terme et qui se révèlent néfastes pour la dynamique globale. Des comportements de fuite et d'évitement; de clivage; de cynisme; d'isolement; de suppression des émotions; d'agressivité; sont les mécanismes de défense les plus courants en entreprise.

Effectuer une évaluation régulière de ses propres stratégies d'adaptation est un enjeu vital et mature pour sortir du spectre égocentrique de sa souffrance : cela ouvre un canal de connaissance sur soi-même (adoption d'une méta-position) et de participer activement à la dynamique bienveillante collective.


Au travers de mon expérience, je remarque que la sensibilité en entreprise n'est pas bien accueillie : au lieu d'être interprétée comme une force collective pouvant aboutir à une synergie de communication inter-personnelle, elle est vue comme une porte ouverte aux émotions négatives refoulées qui n'ont pas leur place dans un contexte de travail cohérent et rationnel qui se veut le plus clair possible.

La culture d'entreprise devrait encourager l'écoute de ses émotions et la possibilité de parler de ses ressentis de manière adaptée, sans forme d'accusation aucune, mais avec l'objectif de rester cohérent avec soi-même, ses ressentis et ceux des autres.


Prôner la liberté d'expression de ses ressentis, c'est reconnaître la loi dynamique et évolutive de nos émotions; c'est arrêter de croire que le refoulement de celles-ci n'engendrent pas de frustrations. S'il est difficile de sublimer une culture d'entreprise, il est davantage envisageable de transformer ses mécanismes quotidiens en stratégies d'adaptation positives : écouter ses émotions et questionner ceux des autres; affronter les conflits inter-personnels; réaliser des ré-évaluations positives; reconnaître la valeur de ses collègues; prendre plaisir à ses succès; rechercher du soutien social; etc.

Il s'agirait de bousculer les codes actuels névrotiques en entreprise caractéristiques d'une"bonne attitude" ou d'un "bon mindset" pour prendre conscience de l'importance de s'écouter et d'écouter les autres.



 
 
 

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